Dessertes ferroviaires : à Argenton-sur-Creuse, Vincent Millan interpelle l’État et le ministre sur la future grille 2028

Dans un courrier adressé au ministre des Transports, le maire Vincent Millan alerte sur les déséquilibres de la future desserte ferroviaire prévue en 2028. Malgré des avancées saluées, la grille horaire suscite de vives inquiétudes localement.

La question de la desserte ferroviaire d’Argenton-sur-Creuse revient au cœur du débat public. Dans un courrier daté du 20 avril 2026, le maire Vincent Millan a officiellement saisi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ainsi que le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex.

En toile de fond : le futur schéma directeur de la ligne Paris–Limoges–Toulouse à l’horizon 2028. Un projet qui s’inscrit dans la modernisation de l’axe, avec notamment l’arrivée des nouvelles rames Oxygène et une accélération des temps de parcours. Des avancées que la municipalité reconnaît volontiers. Mais derrière ces améliorations, un point cristallise les inquiétudes : la future grille horaire.

La mairie pointe un “déséquilibre flagrant”

Dans son courrier, le maire évoque un “sentiment croissant d’injustice” face à certains choix d’horaires. Exemple concret : le décalage du train du matin, passant de 10h à 11h dans le sens pair, créant un “vide de quatre heures sans desserte vers Paris” en début de journée, pourtant très demandée.

Autre point soulevé : dans le sens impair, le premier train pour Argenton partirait à 5h40, suivi seulement d’un autre à 9h45. Là encore, un espacement jugé problématique pour les usagers du quotidien. Deux situations que la municipalité considère comme “particulièrement défavorables” pour le territoire.

Une mobilisation locale forte

Ce dossier ne date pas d’hier. Le Comité de défense de la gare d’Argenton-sur-Creuse, qui tenait son assemblée générale ce samedi 25 avril, alerte depuis plusieurs mois sur ces enjeux. La municipalité souligne d’ailleurs que les améliorations obtenues jusqu’ici sont le fruit d’une “mobilisation citoyenne exceptionnelle”, réunissant habitants, acteurs économiques, associations et élus. Malgré cela, les demandes locales n’ont, à ce stade, pas obtenu de réponse favorable.

Un enjeu d’égalité territoriale

Au-delà des horaires, c’est une question plus large qui est posée : celle de l’équité d’accès à la mobilité. Dans son courrier, Vincent Millan rappelle que ces lignes d’équilibre du territoire ont pour vocation d’assurer un service public accessible à tous, sur l’ensemble du territoire national. “Une promesse républicaine”, insiste-t-il, appelant l’État à ne pas “réduire ses budgets au détriment de zones déjà défavorisées”.

Une vigilance maintenue

La municipalité demande ainsi un réexamen attentif du projet, afin qu’Argenton-sur-Creuse bénéficie pleinement des retombées de la modernisation de la ligne.

De son côté, le Comité de défense de la gare continue de se mobiliser et se tient toujours prêt pour défendre le territoire et ses dessertes, comme déjà effectué depuis plusieurs années. La reprise des actions stop train est envisagée avec une manifestation le 6 juin prochain si aucune satisfaction n’est obtenue.

En attendant d’éventuelles évolutions, la question de la desserte ferroviaire s’impose plus que jamais comme un enjeu central pour l’attractivité et le quotidien du territoire.