« Ils ne ressortent pas insensibles » : à Argenton-sur-Creuse, les élèves du collège Rollinat plongés dans le quotidien du handicap

Pendant plusieurs jours, le collège Rollinat d’Argenton-sur-Creuse a transformé ses salles de classe en véritable laboratoire de sensibilisation au handicap. Ateliers immersifs, rencontres avec des sportifs handisport, débats et course solidaire ont rythmé ce vaste projet porté par plusieurs enseignants de l’établissement. Une mobilisation qui a aussi permis aux élèves de récolter plus de 2.000 euros au profit de l’association ELA.

Le collège Rollinat d’Argenton-sur-Creuse a mis entre parenthèses les cours classiques pour faire vivre à ses élèves une expérience pas comme les autres. À travers ateliers, débats, rencontres sportives et course solidaire, plus d’une centaine de collégiens ont été sensibilisés au handicap… avec un résultat concret : plus de 2.000 euros récoltés au profit de l’association ELA. 

Depuis maintenant huit ans, ce projet porté par les enseignants du collège n’a cessé de grandir. À l’origine, celui-ci était lié à la dynamique des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Aujourd’hui, il est devenu un véritable rendez-vous pédagogique autour du vivre-ensemble et du regard porté sur le handicap. 

« Je voulais donner cette couleur du vivre ensemble avec d’autres personnes différentes de nous à travers le sport paralympique », explique Caroline Prunet, professeure d’EPS au collège Rollinat, qui pilote ce vaste projet avec Élodie Gilbert, professeure de français, et Simon Ségelle, enseignant ULIS. 

Changer de regard sur le handicap

Pendant ces journées banalisées, les adolescents ont été plongés dans des situations inspirées du quotidien de personnes en situation de handicap. Dictées avec bruits assourdissants et lumières perturbantes pour comprendre certains troubles autistiques, consignes volontairement déformées pour ressentir les difficultés liées à la dyslexie, ateliers sportifs en fauteuil roulant… « Ils aiment bien se rendre compte de ce que c’est que d’être dyslexique, mais ils ne supportent pas et ne veulent pas le revivre. Quand ils le vivent concrètement, ils se rendent compte de l’impact que cela peut avoir au quotidien. » 

Chaque atelier se terminait par un temps de réflexion et d’écriture dans un livret personnel afin que les élèves puissent exprimer leurs ressentis. « On travaille systématiquement sur les émotions et le positionnement des élèves », souligne Caroline Prunet. Le projet s’appuie aussi sur des rencontres marquantes. Cette année, les collégiens ont notamment échangé avec l’athlète handisport Anne Claveau ou encore Xavier Valledor, dont l’intervention a profondément marqué les jeunes. Le sportif a notamment évoqué le harcèlement scolaire et les moqueries liées au handicap. 

Une course solidaire et un record battu

Mais l’un des temps forts du projet restera sans doute la mobilisation autour de l’association ELA. Après la traditionnelle dictée organisée avec les familles, les élèves ont participé à une course solidaire au sein même du collège. Parents, enseignants et élus locaux étaient présents pour encourager les jeunes. 

Et cette année, les élèves ont largement dépassé les précédents records de dons. Alors que le meilleur total atteignait jusque-là 1.280 euros, les collégiens ont réussi à récolter près de 2.000 euros pour l’association. « Je leur explique toujours qu’un fauteuil roulant coûte entre 1.200 et 1.600 euros. Grâce à eux, il y a un enfant qui pourra faire du sport », raconte Caroline Prunet. 

Parmi les nouveautés de cette édition figurait également l’utilisation d’une joëlette, ce fauteuil adapté permettant de pratiquer la course en pleine nature avec une personne en situation de handicap. Durant la course, plusieurs élèves volontaires se sont relayés pour tirer la joëlette lors d’un “relais de la solidarité”. 

« Ils ne ressortent pas insensibles »

Pour les enseignants, l’objectif dépasse largement le simple cadre scolaire. Au fil des années, le projet a pris une ampleur importante et mobilise désormais de nombreuses matières et intervenants du collège. Et les retours des élèves semblent confirmer l’impact de ces journées particulières. « Ils ne sortent pas insensibles à tout ça, on le voit », résume Caroline Prunet. Entre sensibilisation, sport et solidarité, le collège Rollinat démontre surtout qu’un projet éducatif peut aussi devenir une aventure profondément humaine.



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