Installé depuis de longues années à Argenton-sur-Creuse, cet ancien cuisinier devenu peintre autodidacte s’inspire des grands maîtres impressionnistes et fait vivre, sur sa toile, les paysages et monuments de sa ville. Une histoire de passion, de patience et de renaissance artistique.
Créer, il a toujours su le faire. Pendant plus de quarante ans, c’est en cuisine que Michel Bachelier a façonné, dressé, notamment au restaurant Rive Droite devant son four à pizza. Puis un jour, il a découvert une autre manière de créer. Plus intime. Devant une toile blanche.
Né en Indre-et-Loire, il vient s’installer à Argenton-sur-Creuse. S’ouvre alors une longue carrière dans la restauration, faite de saisons, de voyages professionnels, de rythme intense et de rencontres… avant qu’un autre art ne prenne, peu à peu, toute la place.

« Au départ, c’était juste pour essayer »
C’est presque par hasard qu’il se met à peindre. Un jour, sa femme l’encourage à essayer. Il commence par dessiner, puis se lance dans la peinture, simplement « pour voir ». Aucun cours, aucune école : il est entièrement autodidacte. Ses professeurs sont les musées, les expositions, les livres.
Un ouvrage offert par sa mère, consacré aux techniques de peinture, devient son guide. Peu à peu, une passion profonde s’installe, notamment pour l’impressionnisme, et surtout pour Van Gogh. « J’aime autant l’homme que sa peinture. Il est mystérieux, tourmenté, puissant. » Il admire également Claude Monet et Camille Pissarro.
Des reproductions d’œuvres de grands peintres
Il commence par reproduire des œuvres de grands maîtres. Non pas pour imiter, mais pour apprendre. « Quand je peins du Van Gogh, j’ai l’impression de suivre ses touches. Mais c’est extrêmement difficile. » Il refuse la copie parfaite : il ne respecte jamais exactement les dimensions, ne signe pas ses reproductions, par respect pour les artistes.

Chez lui, tout est fait à la main. Il chine aussi ses cadres en brocante, les restaure, les adapte à ses œuvres. Une démarche patiente, méticuleuse, presque artisanale.
« Si je veux faire du personnel, je fabrique mes toiles. Je vais chercher du tissu qui a plus de 50 ans pour tendre mes toiles. »
Ses premières ventes remontent aux années 1990, dans les restaurants où il travaillait. Un premier tableau vendu, puis un second. Les réactions positives l’encouragent à continuer sérieusement.
Aujourd’hui, ce sont surtout les paysages et monuments d’Argenton qui nourrissent son travail : les vieilles galeries, la neige sur la ville, l’hôtel de Scévole, l’ancienne prison… Certaines de ses œuvres connaissent un véritable succès sur les réseaux sociaux, notamment sa toile représentant l’ancienne prison, qui a suscité de nombreuses réactions.

Il travaille parfois à partir de photos, parfois de mémoire, mais toujours avec instinct. « Il faut surtout laisser parler ce qu’on ressent sur le moment. »
L’envie d’exposer ses créations
À 65 ans, exposer ses toiles devient une réelle envie. Mais trouver un lieu, effectuer les démarches, affronter parfois des refus… tout cela freine encore ses projets.
« Il faut oser se lancer… mais on doute toujours. Trouver un endroit pour exposer, c’est le plus compliqué. J’ai peut être enfin l’occasion, prochainement, d’exposer avec d’autres artistes. »
Malgré tout, il continue de peindre, à son rythme. Par passion. Par fidélité à ce qui l’anime depuis plus des dizaines d’années. Et surtout, par amour pour Argenton. « Je produis, mais j’évite d’en faire trop quand même… Après, il faut les stocker », s’amuse t-il.




