Deux semaines en Italie : à Argenton-sur-Creuse le voyage devenu exposition pour Dominique Mantel

De retour d’un séjour sur les rives du lac de Côme, Dominique Mantel n’a pas rangé ses souvenirs dans un album photo. Le peintre argentonnais en a rapporté aquarelles, notes et impressions, aujourd’hui réunies dans l’exposition « Deux semaines en Italie », présentée au Moulin de Bord jusqu’au dimanche 4 octobre.

« Dès que je rentre, je me suis dit que j’allais faire une exposition là-dessus. » Pour Dominique Mantel, l’idée s’est imposée pendant le voyage. Pourtant familier de l’Italie et notamment de la Toscane, l’artiste découvrait pour la première fois la région du lac de Côme. « J’ai été complètement émerveillé. Je ne pouvais pas ne pas le faire. »

Pendant deux semaines, il parcourt les villages et paysages qui entourent le lac. Lecco, Côme, Pusiano, Mandello del Lario, Asso ou encore Nesso nourrissent ainsi cette nouvelle exposition. Eau, ruelles, reliefs, végétation et façades aux teintes chaudes composent une série particulièrement colorée. « Le problème en Italie, c’est le choix. Où qu’on aille, il y a quelque chose de magnifique. »

Peindre sur place, en moins d’une heure

Une partie des œuvres exposées a été réalisée directement en Italie. Dominique Mantel voyage avec un équipement volontairement minimaliste : une boîte d’aquarelle, du papier et de quoi prendre quelques notes. « C’est un peu le matériel de commando pour la peinture », sourit-il.

Installé à l’ombre et à l’écart de la foule, il travaille vite. La plupart de ses petites aquarelles doivent être terminées en moins d’une heure. Pour les paysages les plus complexes, riches en architecture, il s’accorde parfois une heure et quart ou une heure et demie.

Cette rapidité n’est pas qu’une contrainte pratique. Elle est imposée par le paysage lui-même. « Le grand problème, c’est la lumière qui change. Il ne faut pas lutter contre ça. Il faut choisir dès le début un effet et s’y tenir. » Même lorsque les ombres se déplacent au fil de la séance, le peintre conserve en mémoire la lumière qui l’a initialement séduit.

L’œil plutôt que l’objectif

Pas question non plus de sortir systématiquement un appareil photo. Dominique Mantel préfère observer et sélectionner ce qu’il considère comme essentiel. « J’essaie toujours d’éviter de travailler sur photo. Ce n’est pas la même logique. »

Pour lui, l’objectif photographique livre déjà une interprétation de la scène, quand l’œil du peintre permet de choisir. « Moi, je choisis la lumière, certains rythmes, certaines choses qui me paraissent plus essentielles. » C’est aussi, selon lui, ce choix qui distingue le style de chaque artiste.

Les œuvres de plus grand format sont, elles, réalisées une fois revenu à Argenton. Dans son atelier, Dominique Mantel travaille à partir des croquis et des annotations pris pendant le voyage : architecture, structure, mais également quelques mots servant de code pour retrouver les couleurs et les ambiances observées sur place. Aux petites aquarelles succèdent alors des œuvres à l’acrylique, réinterprétées à partir de ses souvenirs.

« C’est le pays des peintres»

Au fil des tableaux, le voyage italien se reconstruit donc moins comme une reproduction exacte des paysages que comme le souvenir qu’en conserve l’artiste. Les couleurs occupent naturellement une place importante : « Toutes les maisons sont peintes avec des couleurs très vives et chaudes. C’est le pays des peintres. »

Et deux semaines n’auront finalement pas suffi à épuiser les paysages du lac de Côme. Entre les villages, les routes sinueuses et les points de vue sur l’eau, Dominique Mantel retient surtout l’abondance des sujets : « Où qu’on aille, il y a quelque chose de magnifique. Que choisir ? »

Pratique. « Deux semaines en Italie », de Dominique Mantel, au Moulin de Bord, 6 rue du Moulin-de-Bord à Argenton-sur-Creuse. Exposition visible jusqu’au dimanche 4 octobre 2026, les samedis et dimanches de 14 h à 18 h