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Ligne POLT : le comité maintient la mobilisation pour défendre la gare d’Argenton-sur-Creuse

Une centaine de personnes s’est rassemblée samedi 28 février devant la gare d’Argenton-sur-Creuse à l’appel du comité de défense. Si plusieurs victoires ont été obtenues ces dernières années – maintien de l’Intercités, future desserte renforcée, travaux en cours – les usagers dénoncent encore des horaires inadaptés, des retards à répétition et des services essentiels manquants.

Créé il y a près de neuf ans, le comité de défense de la gare s’est imposé comme un interlocuteur incontournable sur la ligne POLT (Paris–Orléans–Limoges–Toulouse). Samedi 28 février, élus locaux, habitants et usagers se sont réunis pour faire le point. « On s’est battus et on a obtenu des choses », rappelle Martine Irzenski, présidente du comité. « Mais tout n’est pas gagné. »

Parmi les victoires revendiquées : le maintien de la desserte Intercités à Argenton, longtemps menacée. « À un moment, on a vraiment craint d’être rayés de la carte. Aujourd’hui, on sait que ce ne sera pas le cas. »

Six allers-retours annoncés : une avancée structurante

La future desserte liée à l’arrivée des nouvelles rames « Oxygène », attendues fin 2027-début 2028, prévoit six allers-retours quotidiens. « Six allers-retours, c’est formidable. Cela veut dire douze dessertes par jour. Ce n’est pas rien », souligne Martine.

Actuellement, la gare dispose théoriquement de quatre allers-retours, mais l’un d’eux est suspendu en raison des travaux. « En réalité, on est plutôt à trois et demi », précise-t-elle.

Autre point positif : un train Intercités au départ de Limoges vers 20h, permettant aux étudiants et salariés de rentrer plus tardivement à Argenton. « Il n’y a pas que Paris. Les déplacements vers Limoges sont essentiels aussi. »

Des horaires jugés insuffisants vers Paris

Malgré ces avancées, le comité reste critique sur les horaires du matin. « On est un peu mécontents de la desserte vers Paris. On a un train à 7h et un à 11h. Ça nous fait arriver trop tard pour le boulot. » Le collectif réclame un départ plus tôt que le 7h36 actuel pour permettre une arrivée plus matinale à Paris « Ce qu’on veut, c’est arriver plus vite, pas faire des correspondances supplémentaires. »

Au-delà des horaires, c’est la fiabilité de la ligne qui inquiète le plus

Si les horaires inquiètent, la fiabilité de la ligne encore plus. « C’est catastrophique. Tous les jours, ou presque, il y a un problème : panne de locomotive, signalisation, intempéries… »Martine raconte avoir récemment attendu plus de trois heures dans un train immobilisé à Paris avant d’apprendre que la circulation ne reprendrait pas avant la fin de journée.

« On nous dit de descendre et de revenir le lendemain… sauf que tout est complet. Les trains, les covoiturages… On reste sur le carreau. » Selon elle, le matériel actuel est « à bout de souffle » et la période jusqu’à l’arrivée des nouvelles rames s’annonce difficile.

Les ascenseurs bientôt fonctionnels

Parmi les avancées visibles, les travaux en gare d’Argenton sont salués. Des ascenseurs sont en cours d’installation afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de passer d’un quai à l’autre.

« Il est normal qu’il y ait des travaux pour les personnes à mobilité réduite », souligne le comité. Mais les délais restent flous. « On nous annonce décembre, puis janvier, puis février… Maintenant on parle de mars. »

Le hall, fragilisé, est en rénovation. En revanche, la fermeture du guichet interroge, même si un système de sonnette permettrait de joindre un agent.

Un autre point de tension concerne l’absence de sanitaires accessibles dans le hall. « Quand un train a deux heures de retard, on fait comment ? Les personnes n’ont pas vraiment de solution. »

Un autre rassemblement en avril

Le comité réclame la réhabilitation des anciennes toilettes ou l’installation d’un module autonome. La mairie se serait dite prête à financer l’entretien, mais les discussions entre SNCF et Région restent floues.

Le rassemblement de samedi se voulait à la fois revendicatif et constructif : reconnaître les avancées, mais rappeler que la vigilance reste nécessaire. Le collectif a déjà coché la date du 25 avril prochain pour une nouvelle mobilisation afin de décider de la suite du combat à mener.