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NAÏAD à l’Avant-Scène, à Argenton-sur-Creuse : un concert pictural immersif

La salle de spectacle de l’Avant-Scène, à Argenton-sur-Creuse, accueille ce samedi 21 février à 20h30 le groupe NAÏAD pour un concert pas comme les autres : une expérience immersive où musique, illustration et récit se mêlent dans un même souffle. Rencontre avec Georgia Hadjab, membre du groupe.

NAÏAD, c’est quoi exactement ?

« C’est un concert pictural né pendant la période du confinement. On ressentait un besoin fort de retour à la nature, à l’essentiel. Et aussi un besoin de renouer avec l’autre. Sur scène, nous sommes quatre musiciens, entourés de grandes illustrations en décor, qui se déroulent comme des parchemins au fur et à mesure du spectacle. Ces images sont mises en lumière et accompagnent une véritable histoire. Il n’y a pas de pause entre les morceaux : on entre dans l’univers de NAÏAD du début à la fin. »

Vous avez aussi prolongé le projet avec un livre. Pourquoi était-ce important pour vous ?

« Oui, on a sorti un livre-album de 32 pages qui retrace toute la partie narrative de l’histoire de NAÏAD. On y retrouve les textes des chansons, leurs traductions puisqu’on chante en français, en anglais et en arabe, ainsi que les illustrations réalisées pour le spectacle. Comme le concert est construit comme un album-concept, avec un vrai fil conducteur, on avait envie que le public puisse aussi garder une trace matérielle de cet univers. Le livre permet de replonger dans l’histoire, de prendre le temps de relire les textes, de redécouvrir les images autrement. »

Justement, quelle est cette histoire que vous racontez lors du concert ?

« L’histoire est volontairement un peu abstraite, pour que chacun puisse se l’approprier. Mais on raconte quand même un parcours. NAÏAD vit près d’un lac, dans une forêt qu’elle protège. Elle est profondément liée à cet environnement. Elle observe de loin “l’homme de la rivière”. Chaque printemps, il vient déposer des fleurs de lilas à la surface du lac. Ils ne se parlent pas. Ils se respectent à distance. Elle a peur de l’homme, peur de l’autre, peur de sortir de son territoire. Lui aussi reste dans cette distance silencieuse. Puis à un moment, elle remarque que quelque chose change. Les arbres commencent à mourir. Le niveau du lac baisse. La forêt va mal. Elle pense d’abord qu’il est responsable du déséquilibre. Mais face à l’urgence, elle décide de dépasser sa peur et de partir à sa recherche. »

Nos influences sont variées : jazz, musiques du monde, grooves africains, rock plus électrique.

Le spectacle laisse volontairement une part d’interprétation au public ?

« Oui, on a fait le choix de ne pas tout expliquer. Les images, les langues, la musique… tout cela laisse de l’espace. On aime que chacun puisse se raconter sa propre histoire à travers ce qu’il voit et entend. Ce n’est pas un récit fermé, c’est un univers dans lequel on entre. Un voyage »

Vous évoquez souvent la notion de respect, de la nature, de l’autre. Est-ce le cœur du projet ?

« Oui aussi. C’est vraiment une ode au respect de la nature et à l’idée qu’on fait partie d’un écosystème. On raconte que l’équilibre est fragile et qu’il dépend de nos relations, de notre capacité à dépasser nos peurs pour aller vers l’autre. »

Musicalement, comment définiriez-vous votre univers ?

« Nos influences sont variées : jazz, musiques du monde, grooves africains, rock plus électrique. Il y a des passages très lumineux, très poétiques, notamment quand on chante en arabe, et d’autres plus dramatiques, avec guitare saturée et une tension plus rock. »

Comment s’est faite votre venue à Argenton ?

C’est un peu le fruit des rencontres. Nous faisons partie d’une structure qui s’appelle Nagaprod, qui porte plusieurs projets artistiques. L’un de ces projets aurait déjà collaboré avec l’équipe locale dans un autre contexte. De fil en aiguille, l’intérêt pour notre univers a conduit à cette invitation. On a vraiment hâte d’y jouer.

Ce samedi 21 février, à l’Avant-scène, 20h30. Réservations en ligne sur le site de la salle de spectacle. Tarif plein : 18 € – Tarif adhérents : 14 € – Tarif mini : 8 € – Gratuit : – de 6 ans. Pass culture accepté.

Crédits photos : Nathanael Charpentier et Michel Piedallu



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