Après Clément Sapin, place à Romane, chargée de la communication et des relations avec les publics des Intemporel-les. Au plus près des festivaliers, des artistes et des bénévoles, elle dévoile les souvenirs, les émotions et les petites histoires qui font battre le cœur du festival.
Quelle est l’anecdote la plus incroyable que vous ayez vécue depuis votre arrivée au festival ?
Romane : L’an dernier, nous avons eu la chance d’échanger avec un couple venu de Normandie. Ils nous ont expliqué qu’ils faisaient le déplacement chaque année uniquement pour assister aux Intemporel-les. Ils adorent le festival et reviennent à chaque édition. C’est toujours très touchant de voir que des personnes parcourent autant de kilomètres pour vivre ce que nous proposons. Cela montre que le festival rayonne bien au-delà d’Argenton et qu’il parvient à fidéliser son public.
Y a-t-il un artiste qui vous a particulièrement surprise par sa personnalité ou son comportement ?
Romane : Sans hésiter, Zaho de Sagazan. Nous l’avons accueillie en 2023, juste avant qu’elle explose sur la scène française. On sentait déjà qu’elle attirait beaucoup de monde : certains festivaliers étaient venus uniquement pour elle.
Ce qui m’a marquée, c’est sa simplicité. Elle arrivait avec son tour-bus, mais il n’y avait pas de douche dans les loges. Nous lui avons donc proposé d’aller à la piscine municipale avec son équipe, ce qu’ils ont fait avec beaucoup de naturel.
Après le concert, je me suis retrouvée avec elle pendant les dédicaces. Malgré un emploi du temps très serré puisqu’elle devait repartir une heure plus tard, elle a pris le temps de discuter avec chacun. Elle était extrêmement accessible, souriante et bienveillante. C’est un très beau souvenir.
Quel est le moment qui vous a le plus émue depuis que vous travaillez aux Intemporel-les ?
Romane : Le concert de Madalitso Band m’a profondément marquée. Leur musique, entre blues et sonorités venues du Malawi, est très particulière. Beaucoup de personnes étaient venues parce que le concert se déroulait près de chez elles, sans forcément connaître le groupe.
Et finalement, tout le monde s’est laissé embarquer. Le public était complètement captivé. Moi aussi. J’ai adoré ce concert, au point de ne pas voir l’heure passer. C’était un moment suspendu, presque magique.
Existe-t-il une tradition ou un rituel au sein de l’équipe ?
Romane : Oui. Une fois le festival terminé, nous organisons une grande soirée avec tous les bénévoles. On partage un barbecue, on mange les restes du festival et, surtout, on remercie toutes celles et ceux qui ont donné de leur temps.
Après une semaine de tension permanente, c’est un immense moment de relâchement. Pendant plusieurs jours, on vit quasiment uniquement pour le festival. Quand tout s’arrête, on a presque l’impression que notre quotidien s’arrête lui aussi. Finir tous ensemble dans cette ambiance permet de refermer cette parenthèse de la plus belle des manières.
Si vous pouviez emmener les lecteurs dans les coulisses pendant cinq minutes, que leur montreriez-vous ?
Romane : Je les emmènerais sans hésiter à Jean-Frappat. C’est là que se trouvent les loges, les bureaux et la cantine. C’est une véritable fourmilière.
On y croise tout le monde, ça bouge sans arrêt. On travaille beaucoup, mais on rit aussi énormément. On se fait des blagues, on chante parfois ensemble, on profite de quelques instants pour souffler avant de repartir. L’ambiance est très chaleureuse. C’est un endroit que le public ne voit jamais et qui fait pourtant partie de l’âme du festival.
Quel souvenir résume le mieux l’ADN des Intemporel-les ?
Romane : Il y en a beaucoup, mais je pense notamment au concert de Malik Djoudi. Au cours de la soirée, il a fait monter un enfant sur scène, puis il a laissé une poétesse présente dans le public lire l’un de ses textes. Ce sont des instants de proximité qui résument parfaitement l’esprit du festival.
Je repense aussi à la soirée de 2023 avec Zaho de Sagazan et Romane Santarelli. Beaucoup de spectateurs étaient venus pour Zaho, mais ils sont restés découvrir Romane Santarelli, qui propose pourtant un univers électro totalement différent.
Je garde notamment en tête l’image d’un monsieur âgé, installé au premier rang avec sa chaise, qui tapait du pied pendant le concert électronique avec un immense sourire. C’est exactement ce que l’on cherche à créer : faire découvrir des artistes à des publics très différents et montrer que la curiosité n’a pas d’âge.



