Samedi soir à 20h30, l’Avant-Scène d’Argenton-sur-Creuse accueillera la première de Sans se blesser, une création originale écrite et jouée par Lolita de Villers avec Lomane De Dietrich, mise en scène par Mathias Zakhar. Une pièce intime autour de deux sœurs qui se retrouvent après le décès de leur mère, après dix ans de silence.
Comment présenteriez-vous Sans se blesser ?
« C’est une pièce qui parle de l’histoire de deux sœurs qui ne se sont pas vues depuis dix ans. La petite sœur est partie, elle est devenue chanteuse, elle a fait carrière. L’autre est restée dans la région, elle a accompagné leur mère jusqu’à sa mort. Et après le décès, celle qui est partie revient pour vider la maison. Et là, tout surgit des cartons. »
Pourquoi aviez-vous envie de raconter cette histoire-là ?
« Je voulais écrire sur la famille. C’était une évidence. Et puis c’est un sujet sans fin, sans limite. Quand on parle de famille, on peut tout jouer : ce qui est dit, ce qu’on aimerait dire mais qu’on n’arrive pas à dire correctement, les maladresses, ce qui est entendu ou pas entendu. »
Est-ce une pièce autobiographique ?
« Pas du tout. Ma mère va très bien et je n’ai pas de sœur (rires). Mais quand on écrit, le texte est forcément imbibé de tout ce qu’on connaît. On est forcément inspiré par ce qu’on a vu ou entendu autour de nous. »
« J’aime l’idée qu’on puisse parler sans se blesser »
— Lolita De Villers, auteure et interprète.
Le thème des non-dits revient beaucoup dans la pièce…
« Oui, parce que ça me tient particulièrement à cœur de parler des non-dits dans les familles. Ils sont très présents. J’avais envie de dire qu’il ne suffit parfois pas de grand-chose pour qu’une chose puisse être entendue. Ce sera maladroit parfois, mais il faut essayer de se parler. »

Que signifie justement le titre Sans se blesser, il est intriguant ?
« J’aime l’idée qu’on puisse parler sans se blesser. Même quand il y a des grandes vérités à dire, même quand il y a eu des blessures ou un drame. Chacun fait comme il peut, chacun gère comme il peut. Mais quand ça part d’une volonté de ne pas blesser l’autre, alors on peut essayer de remettre les choses dans l’ordre. »
Comment décririez-vous la relation entre ces deux sœurs ?
« Elles ont partagé la même enfance mais elles sont devenues totalement différentes. Et ça, je trouve ça fascinant. Comment on peut être aussi différents alors qu’on a grandi ensemble, qu’on a été élevés par les mêmes parents ? »
Quel ton avez-vous voulu donner au spectacle ?
« Ce n’est pas drôle, ce n’est pas triste. Mais il y a plein d’émotions différentes qui surgissent. On essaye de traverser les choses sans imposer quoi que ce soit au spectateur. L’idée, c’est que chacun puisse se reconnaître dans une phrase, un silence ou une situation. »
Pourquoi était-il important de travailler cette pièce à Argenton ?
« J’ai vraiment imaginé cette pièce comme se déroulant dans une maison du coin. Je suis née à Châteauroux, ma famille vient du Berry et ma compagnie, Bleu Vacarme, est basée à Argenton-sur-Creuse. Donc oui, c’était important de commencer ici. »
Comment se passe cette résidence à l’Avant-Scène ?
« On a été accueillis comme des rois et des reines. Jules Guy a vraiment parié sur nous alors qu’on est une jeune compagnie et que je ne suis pas connue. Et ça, je trouve ça courageux. Souvent, on préfère miser sur des valeurs sûres. Là, il a voulu y croire. »
À quoi ressemblera la mise en scène ?
« On est dans une maison. Il y a des objets, un piano. Il y a une grande présence du son dans la pièce. Mathias Zakhar travaille énormément avec le son et la lumière. Je trouverai ça génial si quelqu’un sort de la salle en se disant : “Tiens, est-ce que j’ai appelé ma sœur cette semaine ?” On parle de ces liens très forts qu’on ne peut pas toujours expliquer. Je pense que tout le monde a quelqu’un comme ça dans sa vie.»
Mise en scène : Mathias Zakhar. Texte : Lolita de Villers. Collaboration artistique : Louis de Villers. Interprétation : Lomane de Dietrich et Lolita de Villers. Création sonore : Liza Lamy. Création lumière : Thomas Cany. Construction décor : Mathieu Robert
Sans se blesser – Salle de spectacle de l’Avant-Scène, à Argenton-sur-Creuse. Samedi 16 mai à 20h30. Tarifs : Plein tarif 15€, tarif adhérent 13€ , minima sociaux / moins de 26 ans 8€. Réservations en ligne et dernières places encore disponibles.





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